Pour devenir plus créatif, collectionne des trucs cools
Pourquoi tes idées sont nulles (et comment la collection peut arranger ça)
Contente de te revoir !
Comme je n’ai même pas eu l’énergie de t’envoyer un message la semaine dernière (les rhumes quand on a plus 20 ans, c’est quand même pas pareil), je te propose une semaine de plus sur la promo de janvier : jusqu’à la semaine prochaine, tu as le droit à 50% sur tous mes produits. Clique ici pour activer la promo.
Tu peux notamment récupérer une compilation de mes 60 meilleurs articles de 2026, en PDF et EPUB - pour moins qu’une petite assiette de boulettes IKEA.
Oh, et je me suis lancée le défi de faire quelques vidéos YouTube, avec ma tronche.
Collectionner.
Collectionner, ça a une réputation un peu stérile. Ça fait penser aux timbres sous plastique dans des jolis classeurs bien reliés qu’on n’ouvre pas souvent. Ça fait penser aux figurines qu’on aligne sur des étagères qui prennent la poussière. Ça fait penser aux livres intacts qu’on met sur la table devant son canapé parce que ça fait bien, mais qui en fait n’ont jamais été lus. Ou alors des livres très anciens qu’on accumule mais qui n’ont pas été ouvert depuis deux siècles.
Pour moi, collectionner c’était l’accumulation pour l’accumulation. Une espèce de possession, totalement stérile. L’opposé même de la création.
J’avais cette image-là parce que c’est comme ça que j’ai vu des gens collectionner. Et notamment, une personne en particulier, qui collectionnait les belles guitares. Des guitares qui prenaient la poussière sans jamais être vraiment jouées. Et il n’y a rien qui m’énervait plus que ça : voir des superbes objets qui sont faits pour créer des trucs cools devenir des objets de décoration. Et je te ne pointe pas du doigt si tu as une guitare ou un instrument de musique auquel tu n’as pas touché depuis longtemps. Mais un instrument n’est pas une collection.
J’opposais totalement la collection et la création. Collectionner, c’était posséder sans rien faire, c’était accumuler sans créer, c’était stérile.
Et puis j’ai changé d’avis.
Parce que je me suis rendue compte que je collectionnais
Récemment j’ai écrit un livre. Et ça m’a sauté au cerveau. Je me suis rendue compte que l’écriture de ce livre, et la création de beaucoup des choses que je fais sur internet d’ailleurs, découlent en fait d’un acte de collection.
D’ailleurs, une grande partie de mon temps passé en ligne c’est ça : collectionner.
Je passe pas mal de temps sur Pinterest. Je pense que c’est un endroit qui est absolument génial, totalement sous-estimé, pour la motivation, pour la découverte. Donc je passe pas mal de temps sur Pinterest à collectionner des belles choses, à collectionner des citations, à collectionner des références, à collectionner des livres.
Je passe beaucoup de temps aussi sur internet en général à chercher et à trouver des articles intéressants à lire. Je passe beaucoup de temps à sauvegarder des vidéos, et à sauvegarder des citations de tout ce qui me parle.
Tout ça entretient, si tu connais le concept, mon second cerveau qui se retrouve rempli d’idées que j’ai collectionnées.
Et il y a une partie de moi qui me sentait un petit peu coupable de ça. Je me disais : c’est vachement superficiel Marie, tu vas chercher des trucs et ensuite tu fais une compilation. C’est pas ouf quand même.
Et puis quand je suis redescendu de mon ego, en fait, je me suis rendu compte que c’est comme ça que ça marche. C’est comme ça que ça marche pour la plupart des gens qui crée des choses qui sont intéressantes à lire, à écrire, à regarder.
Le premier acte de la création de ces choses intéressantes, c’est la collection.
On te dit de créer, mais personne ne te dit de collecter d’abord
C’est vrai qu’on passe notre temps à nous dire qu’il faut créer, il faut produire, il faut publier. Et on a l’impression dans ce discours que la création jaillit spontanément dans un cerveau complètement vide, comme si les idées originales sortaient du néant.
En fait, il n’y a personne qui fonctionne comme ça. Même les génies ne fonctionnent pas comme ça.
L’originalité n’émerge pas du vide. Elle émerge de la collision, elle émerge de la reproduction entre des trucs que tu as accumulés, que tu as digérés, que tu as organisés. C’est via l’acte de collecter que tu vas réfléchir, que tu conçois, que tu catégorises, que tu trouves des idées.
Si tu lis le livre d’Austin Kleon qui s’appelle Show Your Work, Austin Kleon qui est un créateur américain que j’aime beaucoup, il dit : “Il n’y a pas si grosse différence entre collectionner et créer.” Et il cite, pour illustrer son propos, une citation de DJ Spooky qui dit : “Tu n’es bon que par rapport à ta collection de disques.”
Une autre citation que j’adore, qui me vient d’une interview de Juvoni Beckford : ‘Je considère lire des livres comme collectionner des sorts.’ (I treat reading books like collection spells.).
Ce ne sont pas des métaphores poétiques, c’est littéral je pense. Ta capacité à créer dépend directement de ce que tu as expérimenté, donc de ce que tu as collecté, de ce que tu as été chercher chez les autres.
Une collection, par cette définition, ce n’est pas passif. Au contraire. Une collection, ce n’est pas des trucs qui traînent, c’est une structure qui prend de la valeur avec l’accumulation. Un actif.
Le volume compte
Je suis quelqu’un qui parle beaucoup de volume en général. Je pense que produire du volume, c’est important quand on est un créateur et quand on cherche à créer quelque chose qui a du sens.
Parce que créer une fois de temps en temps, c’est bien, ok d’accord, le mouvement du retour au slow living, etc. Oui, mais le volume compte. L’accumulation a une valeur en soi.
Indépendamment de la qualité de chaque chose individuelle que tu mets dans ce volume, l’accumulation, c’est déjà une preuve de sérieux, c’est une preuve de constance, c’est une preuve d’intérêt.
Une collection de 500 quelque chose, ça dit quelque chose, même par rapport à une collection de 10 choses. 500, elle paraît plus grosse, plus importante, et elle va forcément contenir plus de choses intéressantes qu’une collection de 10 choses. Il y a plus à dire, plus à trouver. Et ce n’est pas un débat de quantité vs qualité.
La collection, l’accumulation, a une valeur en soi parce que ça te permet, à partir de cette accumulation, de trouver des motifs, de trouver une structure, de dire : tiens, ça me rappelle ça, ça me rappelle ça.
Ça veut pas dire que chaque pièce individuelle va être indispensable à ta collection, mais c’est l’accumulation de pièces qui se ressemblent qui va te permettre de déceler de la valeur.
La première chose que tu vas y trouver, ça va être ton goût. C’est hyper important quand tu es créateur d’avoir du goût, c’est-à-dire d’avoir une vision du monde spécifique, un angle, d’avoir un esthétisme spécifique. Même si le terme esthétisme, je suis pas très fan parce que ça fait très superficiel aussi, mais voilà, d’avoir une approche des choses qui est particulière.
Si tu veux pouvoir te démarquer, il faut que ce soit profond. Ça peut pas être une différenciation sur la couleur de ton t-shirt. On s’en fout de la couleur de ton t-shirt. Ce qui importe quand t’es créateur, c’est ce qu’il y a dans ta tête.
Et si ce qui est dans ta tête, c’est juste du copier-coller de trois idées, que ta collection n’est pas assez développée, bah t’es pas intéressant.
Alors que si tu accumules et que par cette accumulation tu trouves une structure qui va être originale, c’est comme ça qu’on trouve l’originalité : c’est quand on accumule plusieurs choses.
Je ne sais plus qui disait que quand tu voles de plus de deux ou trois artistes différents, ça devient de la création et c’est plus du plagiat. Il y a une plus grosse différence que ça entre le plagiat et la création originale, mais je pense que l’idée est bonne. Il faut accumuler et il faut aller chercher dans plein de sources différentes pour que ça devienne intéressant.
Une collection, c’est un portefeuille
C’est là où la collection devient un portefeuille. Pense à tes collections comme des investissements : un ensemble qui est sélectionné, possiblement organisé (on n’est pas obligatoirement obligé d’avoir une organisation de façon administrative), mais ça va dévoiler une certaine valeur et ça va te permettre des décisions futures.
Un portefeuille de convictions, de motivations, de références, d’expériences, de valeurs.
Pour te donner des exemples très très concrets, il y a plusieurs façons où je fais des collections.
Pinterest, c’est peut-être le réseau social qui est fait pour faire des collections. L’exemple maître. C’est le réseau social qui est fait pour créer des collections. On n’en parle pas beaucoup, on ne l’utilise pas beaucoup en France, mais je pense que c’est un endroit qui est absolument génial pour trouver des références, pour accumuler du style, pour garder des choses aussi. Même si c’est un endroit en ligne et si tu veux garder vraiment tes collections, tu as plutôt intérêt à les garder hors ligne. C’est un endroit hyper intéressant. On y trouve des références de bouquins, on y trouve des citations, on y trouve des références visuelles, et également pour tout ce qui va être ton univers visuel, comment est-ce que tu te présentes par rapport au monde. C’est génial.
Si tu te retrouves à devoir créer une couverture de livre, mais que ne sais pas quoi faire. Mais que tu as accumulé une collection de couverture de livre que tu aimes bien sur Pinterest... Tu as un actif qui va t’aider.
Un autre moyen de faire des collections, c’est d’avoir ce qu’on appelle un second cerveau qui va être une collection d’idées, une collection de notes. C’est un endroit où tu vas pouvoir ensuite aller chercher quand tu veux référencer ou l’utiliser pour trouver de nouvelles idées. Et puis à l’ère de l’IA, avoir tes propres notes et une accumulation de ce que tu trouves intéressant, c’est hyper important.
Readwise, c’est aussi un service qui te permet de faire des collections de citations et qui a aussi à l’intérieur une intelligence artificielle qui te permet de converser avec cette collection. Reader aussi, c’est un autre moyen de collecter des textes, des vidéos. Un endroit où tu vas pouvoir aller non seulement les consommer, mais aussi les regarder les uns par rapport aux autres.
Alors collectionne
L’idée de ce texte, c’est de te convaincre que tu devrais commencer à collectionner des trucs pour de vrai, consciemment, faire des vraies collections.
Que tu devrais voir ça comme le premier acte de la création. Que c’est pas superficiel de passer du temps sur Pinterest à regarder des jolies choses ou à réfléchir à des références ou à aller collectionner des tweets ou à aller collectionner des peintures ou collectionner des livres que tu vas vraiment lire ou des citations.
C’est le premier acte de la création. C’est comme ça que tu construis ton goût. C’est comme ça que tu affines ta pensée. C’est comme ça que tu développes ta voix.
Alors collectionne, vraiment.
Collectionne des images, collectionne des phrases, collectionne des idées, collectionne des exemples, collectionne des contre-exemples, collectionne des débuts de textes qui t’inspirent, collectionne des titres, collectionne des vignettes YouTube.
Et fais quelque chose avec ça. Crée, trouve des motifs, laisse les connexions émerger dans tout ça.
Parce que la création, ça sort de ça. Ça sort d’une collection qui est bien entretenue.
Une ressource si ce texte t’a parlé :
Si tu veux vraiment structurer tes collections et apprendre à les transformer en projets concrets (pas juste accumuler pour accumuler), j’ai créé le programme Vision. C’est un programme pour construire ton propre système de pensée créative.
-50% sur toutes les formations en ce moment
Il faut qu'on parle de la tendance du 'retour à l'humain'
J’ai observé quelque chose ces derniers temps sur Substack Notes.
Ce que je souhaite à tous les créateurs pour 2026
J’étais partie pour te faire un papier en mode bilan et objectifs. Et puis j’ai trouvé ça un peu nombriliste. J’en ai marre des…





j'ai une petite collection de timbres et de monnaies anciennes qui date de mon enfance. J'aime bien y jeter un œil de temps en temps