Comment en faire moins et publier plus
La technique des chaussures sans lacets
Je viens de recevoir un commentaire sous ma dernière vidéo du style :
oh comme c’est difficile de faire des chapitres pour une vidéo de 3 minutes… tu laisses aussi l’IA lacer tes chaussures ?
C’est mon premier commentaire un peu méchant depuis un moment. J’avais oublié que ce type de personnes existait. Je vais le prendre comme une opportunité pour parler d’un truc important.
Oui, c’est difficile pour moi de regarder quelque chose que j’ai écrit et enregistré juste pour y ajouter des chapitres. Pourquoi ? Parce qu’au moment où je publie, j’ai re-re-re-re-relu ou re-re-re-re-regarder le truc des dizaines de fois. Et à chaque passage, j’entends les points à améliorer. Pendant le process, j’ai douté de l’utilité de mon travail au moins deux fois (si ce n’est pas de ma propre utilité générale). Oui, même pour une vidéo de 3 minutes - même si mes vidéos font rarement 3 minutes, mais passons.
Alors la regarder une fois de plus, juste pour ajouter des chapitres, ce n’est pas « regarder 3 minutes de vidéo ». C’est me donner une occasion supplémentaire de tout supprimer.
Mais bon, ce n’est même pas là le sujet.
Le sujet, c’est : si tu peux enlever de ton assiette une seule petite tâche que tu n’aimes pas faire, pourquoi tu ne le ferais pas ?
On n’est pas des puritains. La douleur n’est PAS le but.
Surtout quand la tâche en question n’est pas au cœur de ce que tu publies. Cette vidéo parle de comment ajouter des chapitres à ses vidéos YouTube. Pourquoi est-ce que les gens s’en préoccuperaient, que je le fasse moi-même ou que je me fasse aider ? Les spectateurs ne demandent pas si je fais moi-même ma comptabilité ou si j’ai un comptable et si c’est de la triche, non ?
Donc ce commentaire m’énerve particulièrement. Pas le commentateur en question, je m’en fiche de ce plouc. Je lui souhaite même de rencontrer le manuel de politesse de ses rêves. Non, ça m’énerve parce que c’est le genre de petit commentaire qui empêche les gens de publier leurs trucs.
C’est le genre de petit commentaire qui mène à un perfectionnisme stupide sur la forme, l’esthétique, et le contenu-de-posture. Alors que ce dont le web a besoin, c’est de plus de trucs… brouillons, fun, directs, vrais. Et on ne peut pas faire ça si on s’applique à faire tous les trucs qu’on a pas envie de faire.
Je parlais déjà du glissement technique dans ce papier :
Ça se recoupe.
Aujourd’hui, les ‘petites tâches chiantes’ (comme je les appelle dans ma tête), c’est 35 à 50% du travail. Oui, j’ai fait une estimation avec mes dernières mises en ligne. 35% pour Substack, 50%+ pour une vidéo YouTube (c’est la vignette). Et encore, je me prends pas trop la tête avec tout ça.
35% de ton temps de créateur, minimum, tu ne le passes pas à créer. Tu le passes à nourrir la machine avec des descriptions, des vignettes, des chapitres... et tout le tralala du créateur de contenu. Et même si c’était 10%... franchement ?
Alors oui, si lacer mes chaussures mettait en péril ma capacité à mettre mes chaussures, je demanderais à l’IA de les faire pour moi. Ou, je mettrais des chaussures sans lacets.
D’ailleurs - si technique #1, c’est de se faire aider, la technique #2, est tout aussi légitime.
La technique des chaussures sans lacets
L’autre jour, sur la communauté de Nicolas Galita, on parlait de l’inconfort de regarder sa webcam ‘dans les yeux’ pour faire du contenu vidéo.
Et je sors :
Je suis plutôt dans le trip ‘fuck les injonctions sociales sur les réseaux’ en ce moment. Est-ce que ça ajoute vraiment quelque chose au contenu que tu regardes la caméra ? Est-ce qu’on ne se prend pas trop la tête à faire des trucs ‘pros’, alors que bon, le contenu c’est pour le contenu après tout ?
Technique des chaussures sans lacets en action : ne pas faire le truc chiant. Et je vais te révéler un truc : c’est cette technique qui me vaut le plus de retours positifs en coaching.
J’ai des clients, adorables, intelligents sous tous les points, qui ne se rendent pas compte à quel point ils se compliquent la vie parfois pour des trucs qui n’en valent pas la peine. Et ça paraît évident, mais quand tu as le nez dedans ? C’est pas si facile.
On baigne tous dans la culture de la surproduction. Je te fais pas une description, tu vois de quoi je parle. Il faut que ce soit visuellement pro. Mais POURQUOI ? Pourquoi est-ce qu’un article devrait faire 1500 mots ? Et pourquoi est-ce que tu DOIS être sur Instagram ? Et pourquoi est-ce que ta newsletter DOIT avoir un email de bienvenue ?
TOUT peut être remis en question, et mis de côté selon tes objectifs.
Et je te le dis comme si j’étais immune. Mais comme c’est un combat avec tes réflexes, c’est simple, mais c’est pas facile (parce que tout ça part du sentiment de bien vouloir faire à la base). Récemment, par exemple, je me suis rendue compte que c’étais pas obligée qu’un article fasse une certaine longueur.
Bah non. Même Substack te dira pas ‘y’a pas assez de mots dans ton article cocotte’. Tu peux faire un article de 3 lignes si l’envie t’en prend. Mais c’est pas FACILE, parce que tu as une certaine idée qu’un article, c’est d’une certaine longueur. Alors tu as envie de bien faire, et tu finis par meubler (il n’y a pas que du mauvais dans le meublage, mais c’est une discussion pour un autre Papier).
Pour me ‘dé-formationé’, je fais n’importe quoi sur Substack Notes ces derniers temps, ET je me suis lancée dans l’écriture d’un blog perso en anglais, sans but de production, ni de longueur (et ça me libère tellement que je publie 2 à 3 fois par jour depuis). Si tu lis l’anglais, tu peux commencer par fuck format.
La question, c’est maintenant : comment on décide quelle technique adopter dans quelle situation ?
Parce que ‘ne pas faire’, c’est pas toujours dans ton intérêt. Et ‘se faire aider’, c’est sans fin. Claude peut presque tout faire tout seul.
C’est une décision trop personnelle pour que je te parle ici en mode dogme. Je ne peux que te dire comment je prends ce genre de décision pour moi.
Prenons un exemple : les chapitres YouTube.
Bon, une tâche chiante (vraiment, c’est le genre de truc que je procrastinerai des plombes). Je pourrais ne pas le faire. En vrai, ça ne va pas changer drastiquement le référencement de mes vidéos. MAIS, c’est sympa pour l’utilisateur. Je pense donc à toi souvent, cher‧e lecteur‧rice (je vais essayer de faire des efforts niveau écriture inclusive, mais faut que je trouve mes repères).
Donc premier critère : est-ce que ça ajoute vraiment quelque chose de pratique à l’expérience du consommateur ?
Par exemple, regarder la caméra. Non. Enfin, peut-être pour une minorité de gens, mais pas pour la plupart. Disons, c’est un 5% sur l’échelle de l’utilité. Donc : technique des chaussures sans lacets, et EXIT les efforts pour rien. Je ne regarde pas ma caméra, d’ailleurs, je fais surtout de la vidéo sans visage.
Après, je regarde aussi : est-ce que je peux déléguer à l’IA ou est-ce que j’ai le budget pour déléguer à un prestataire ? Les chapitres : facile, je délègue. Tu remarqueras qu’avant que je trouve la façon de faire, il n’y avait des chapitres que dans les vidéos de plus de 2H.
Ce qui reste chiant, mais qui ne peut ni se déléguer, ni ne pas se faire, bah, je fais comme tout le monde hein. En râlant. C’est pas particulièrement efficace, mais bon.
Je suis partie loin depuis mon commentaire
Bah ouais, mais faut pas me lancer sur ces sujets non plus.
Le but de ce Papier, c’est de faire passer le message que tu n’es pas obligé de faire les trucs chiants. C’est pas un message qui paraît révolutionnaire, mais en fait, un peu quand même.
Si tu veux qu’on en parle parce que c’est pas toujours évident de savoir ce qui relève de l’important et du superflu, mes consultations sont ouvertes. On prends une heure pour discuter de ton écosystème technique, de ce qui te bloque aujourd’hui, de ce que tu pourrais éliminer, de ce que tu pourrais déléguer à l’IA.
Et je mets mes 4 ans de consulting (déjà!) et 10 ans de web à ton service.
Allez bisous.
CONSULTATION - FORMATIONS - LIVRES - SERVICES - LE BULLETIN DE MARIE




Ce post est d’utilité publique. Ca me donne envie de reprendre la créa de contenu, parce que tu dédramatise pas mal de choses qui me bloquait en vrai 🙏 Merci !
Pour l’écriture inclusive, je te partage ma propre façon de faire si ca peut t’aider :
1. j’essaye de trouver au maximum des formulations épicènes - gymnastique de cerveau au debut, mais le muscle s’habitue vite - pour éviter les doublets ou doublets abrégés, inclure les profils non binaires, et que ca passe inconito.
2. J’utilise le plus possible l’accord de proximité ou l’accord du nbe (si + de femmes que d’hommes dans un groupe, j’accorde au féminin).
3. J’alterne entre doublets classiques et doublets abrégés. pour les doublets abrégés j’opte pour le point median (·) qui n’a pas d’autres usages en fr et j’essaye d’en n’avoir qu’un seul par phrase, et surtout surtout qu’un seul par MOT. Ex : les adhérent·es
4. j’utilise des formes nouvelles quand la sonorité est simple : celleux, utilisateurices, etc. Et si je veux visuellement montrer l’inclusion, je peux utiliser les formes militantes (par exemple le x, plus utilisé dans les textes anglophones)
5. Je m’adapte au contenu et à la cible qui le lira… je n’utilise pas les même formes en fonction de ce dont je parle, et d’à qui je m’adresse. Au final, quand je rédigeais régulièrement, ca devenait des automatismes :)
Merci encore !
La personne ayant commenté cela ne se rend surtout pas compte du temps que cela prend de faire une vidéo de "seulement" 3 minutes... et du besoin de sectionner pour le montage ou de l'écriture !