Et si tu proposais un futur au lieu de critiquer le présent ?
Parce que les dystopies, on est bien servis, merci.
Les dystopies, on est bien servis, merci.
L’algorithme qui détruit l’attention. Les plateformes qui exploitent les créateurs. L’intelligence artificielle qui va remplacer tout le monde. Le capitalisme de surveillance. Le contenu viral qui appauvrit le discours public. C’est partout, c’est documenté, on est au courant.
Et c’est complètement insuffisant.
Critiquer ce qui ne va pas, c’est facile. Enfin, relativement.
Ça demande de l’observation, de l’analyse, du courage parfois, mais le territoire est connu. Tu identifies un problème, tu l’articules, tu montres que tu l’as vu.
Proposer un futur qui fonctionne... ça, c’est un autre niveau de travail.
Parlons plutôt d’utopie
Le mot fait peur. Soit parce qu’il sonne naïf (”un monde parfait, vraiment ?”), soit parce qu’il sonne dangereux (”toutes les utopies politiques se terminent mal”).
Mais une utopie, dans le sens dont je parle dans Organons, ce n’est pas un plan de monde parfait. C’est une proposition de futur organisé, aussi partielle soit-elle.
Un aperçu si préfères. Ou une direction. Mais PAS une doctrine.
Platon l’a fait avec sa Callipolis : une cité idéale où les philosophes gouvernent, organisée par classes, fondée sur la raison plutôt que l’opinion. Discutable sur mille plans. Mais l’exercice lui a permis de penser la justice d’une façon qu’aucune autre méthode n’aurait rendue possible.
Martin Luther King l’a fait avec “I Have a Dream”. Ce n’est pas un programme politique. C’est ce que j’appelle une ‘vision du futur’ : des fils d’esclaves et des fils d’esclavagistes assis ensemble à la table de la fraternité. Concret, humain, et profondément politique sans être un texte de loi.
Dans Organons, j’identifie 3 formes d’utopie pour les créateurs
La vision du futur : un discours, une déclaration, une image projetée. Ce n’est pas grave si ce n’est pas exhaustif. Ce qui compte, c’est la direction.
Le manifeste augmenté : une utopie réalisable via un instrument — un outil, une pratique, un domaine, un produit, un évènement... C’est peut-être l’utopie la plus compatible avec notre métier.
La cité idéale : le niveau le plus exigeant, le plus difficile, le plus dangereux aussi. Mais aussi celui avec le plus de potentiel. Une organisation complète, pensée dans ses mécanismes les plus petits.
Pourquoi c’est utile, concrètement
L’exercice utopique te force à mettre à l’épreuve ce que tu crois.
Il est facile de critiquer. Beaucoup plus difficile de se demander : si tu pouvais organiser les choses autrement, comment est-ce que ça fonctionnerait ? Qui déciderait quoi ? Selon quels principes ? Ce qui paraît logique dans la critique devient beaucoup plus compliqué quand tu dois construire la solution.
Et pour les créateurs qui veulent construire quelque chose qui dure, la vision est incontournable. C’est ce qui donne de la cohérence à leur travail sur la durée.
C’est le quatrième et dernier module d’Organons.
→ Organons est disponible sur mon site, et les offres de lancement se terminent dans quelques jours




