Être la clé : post-mortem de l'échec du lancement d'Organons
Le lancement d’Organons a été un... échec.
Voilà, c’est sorti.
Je savais que ça n’allait pas être un super coup commercial de toute façon. C’est pas avec un livre à 9 balles qu’on fait péter son compte en banque. Ceci dit, c’est encore moins que ce que j’avais prévu.
Même avec tout l’optimisme du monde, le mot reste bien : échec.
Je voulais faire un petit post-mortem ici parce que je pense que c’est important d’assumer. Et surtout parce que j’ai fait une grosse connerie.
Mais avant, petit rappel quand même, parce qu’à force de lire du contenu ‘business en ligne’ on pourrait croire que les choses sont tout autre : lancer des trucs en ligne, c’est forcément se prendre une porte dans la gueule, au moins de temps en temps (si ce n’est une grosse partie du temps). Alors je ne vais pas te faire le coup de la ‘mort des ebooks’ et jeter la faute sur le système parce que j’ai pas atteint mon objectif personnel (même si j’ai quand même une petite dent contre une plateforme, on va y revenir).
Ce dont je veux te parler, c’est de ma connerie, et de ce que ça m’a fait réaliser sur mon identité idéale.
Une connerie qui m’a fait perdre la chose la plus importante quand tu lances un projet : l’élan.
(déjà le sujet d’un des premiers Petits Papiers : Mon élan compte)
L’enthousiasme, la motivation, la hargne, l’envie d’en découdre, ou la trépignation à l’idée de montrer au monde un truc que tu as fait dans ton coin, la hâte de voir les résultats que ce que le projet va t’apporter - tu l’appelles comme tu veux, moi, c’est l’élan.
C’est ce qui nourrit l’effort de lancement. C’est tout ça que tu mets dans le geste, c’est tout ça qui transmet la passion du truc.
Sans élan, c’est fade.
Or, pour Organons, j’ai laissé mon élan redescendre, pour une bête histoire de technique.
Je te raconte.
Organons a d’abord été une idée de formation classique. Comme j’en ai fait beaucoup d’autres. Et puis, j’ai eu la vision un peu folle d’en faire un OBJET. Un livre donc, un truc qui tient dans les mains des gens, qui peut se montrer, se partager, se toucher, se garder, se collectionner...
Et ça faisait partie des raisons pour lesquelles j’étais SUPER excitée à propos du projet.
J’écris le livre, tout se passe bien. Et j’en arrive à la phase de publication. Organons n’est pas mon premier livre. Pas mon premier projet d’auto-publication non plus. Donc, je sais à peu près ce que je fais. Je décide de passer par un site que j’avais déjà utilisé, qui me permet de distribuer le livre globalement sur pas mal de plateformes d’un coup, et que je trouve bien pratique, Lulu.
La mise en ligne se passe bien. Je fais faire une première impression test, c’est un peu long à arriver, mais bon. Je corrige quelques trucs, je lance une deuxième. Et voilà, je suis prête. Nous sommes donc tout début 2026, et je suis dans les temps pour un lancement en janvier. PARFAIT.
J’appuie donc sur le bouton ‘distribution globale’ de ma plateforme.
J’apprends par la même occasion qu’il y a un délai. Bon. Ok, quelques semaines, j’accepte, je prends mon mal en patience.
Sauf que les quelques semaines s’éternisent, et puis mon livre est rejeté. En regardant ça de plus près, c’est une erreur. Je contacte le service client, qui m’assure qu’en effet, c’est une erreur, MAIS que je dois repasser par la case attente pour la distribution globale une seconde fois quand même.
Je respire fort, mais bon. C’est hors de mon contrôle, et une erreur, ça arrive.
J’attends encore.
Et encore.
5 semaines plus tard, le statut du projet affiche toujours ‘rejeté’, et j’ai perdu toute ma patience.
Je prends donc la décision de lancer Organons, début mars, mais en sacrifiant mon ambition d’objet. Organons sera, pour l’instant du moins, seulement un ebook.
Je me mets à planifier mon lancement. Qui se révèlera donc être un échec.
Tu vois la connerie ?
J’ai trop attendu. ET j’ai fini par sacrifier ce qui me motivait sur le projet. Le combo a été mortel. Je n’avais plus l’élan qu’il m’aurait fallu pour porter le projet pour de vrai. Alors, mon lancement en a fait les frais : très bof, pas passionnant, et surtout, je me suis contentée du minimum syndical.
Alors qu’en janvier, je me surprenais à parler du livre à quasi-tous mes clients.
Aujourd’hui, je SAIS que j’aurais très bien pu me débrouiller pour avoir une version papier fin janvier. Je connais le fonctionnement d’Amazon, j’aurais pu faire ça en une aprem, sans problème. J’aurais pu donner aux gens quelque chose de physique.
Mais ça ne m’a pas paru comme une option. J’étais coincée dans mes décisions de départ. Dans mes paramètres de design, dans mes choix d’impression, de format.. que je n’aurai pas pu retrouver autre part.
Au passage, j’aurais aussi pu me dire, début janvier : ok, fuck les délais, je lance l’ebook maintenant. Et pas attendre deux mois de plus.
Ça me ressemble pas de ne pas avoir pris ces décisions.
Et c’est là, la vraie connerie du truc. J’ai fini par sacrifier….. ma philosophie internet.
Si tu me connais, tu le sais. Je répète, en boucle, que ce qui compte, c’est le fond. Je suis la première à taper sur la gueule de la forme vide, des esthétiques sans raison, et de ce que j’appelle le glissement technique. Même pendant le lancement d’Organons, je lançais fièrement que ‘les créateurs devraient plus se soucier de leur MESSAGE de marque, plutôt que de leur IMAGE’.
(même messages, sous plusieurs angles, dans Créateur TENACE, C’est facile, et même de manière technique dans Vendre sur Substack sans vendre sur Substack)
Je ne suis aussi pas la dernière à dire qu’il faut de la vitesse, que c’est dans l’expérience de l’action qu’on apprend. Que les projets qui s’éternisent finissent forcément par décevoir.
Aussi qu’il ne faut pas se rendre dépendant des plateformes, quelles qu’elles soient. Je te parle de déloyauté stratégique.
Alors, avoir attendu bien sagement pour sortir un truc hyper poli, ça la fout plus que mal....
C’est en arrivant à cette conclusion que je me suis retrouvée frappée par un truc que je n’avais encore jamais exprimé comme ça, mais qui englobe les principes que j’aborde régulièrement dans mes écrits.
Je veux être une clé.
Tu sais ce moment où tu tapes frénétiquement sur Google pour trouver la réponse à ta question stupidement spécifique ? Tu te tape article après article bien formattés qui ne répondent pas à la question. Ça a l’air pro, mais c’est vide. Et soudainement, tu te retrouves sur un blog moche, hyper obscur mais qui aborde EXACTEMENT ton problème ?
La personne qui écrit ça, c’est une clé.
J’en ai rien à foutre de jouer l’influenceur, de toucher le plus de monde possible, et de faire du chiffre. Mon idéal, c’est plutôt d’être cette personne qui met des trucs obscurs sur internet. Quelqu’un qui comprend les choses, qui connaît ce petit truc pas évident, et qui ne peut pas s’empêcher de le publier d’une manière ou d’une autre.
Une clé.
J’ai un jour trouvé la réponse stupidement simple à mon radiateur cassé qui chauffait trop. En cherchant sur Google pendant deux heures. Quelqu’un avait écrit sur ce type précis de radiateur, avec un schéma de comment ça fonctionne à l’intérieur. J’essayais de tourner le bitoniau depuis des jours, mais pour mon type de radiateur, il fallait juste appuyer dessus. Miracle.
C’est ça, la clé. Je veux être ça. Je veux contribuer à ça.
(avec une dimension économique viable en plus, mais ça c’est un autre sujet)
Mais je ne peux pas être une clé si j’agis comme j’ai agi pendant le lancement d’Organons.
Qu’est-ce qu’Organons va devenir ?
Organons est un livre evergreen. Il n’a pas besoin d’être “mis à jour”. Donc il va rester accessible sur mon site.
Même si c’est un échec, j’ai pris beaucoup de plaisir à l’écrire. Et j’ai déjà des idées qui s’accumulent pour une suite. Je crois que ce serait bénéfique pour moi de continuer. Mais commercialement, ça restera un projet plaisir plutôt que recette. Donc, mollo sur la chrono.
Ceci dit, je vais quand même aller jusqu’au bout de mon idée d’objet.
Je vais abandonner Lulu (dans l’cul lol désolé, j’ai pas pu m’en empêcher), et passer directement sur Amazon. Tant pis pour eux. Des erreurs, ça arrive, mais zéro excuses pour le manque de communication. Il y a juste quelques réglages techniques à vérifier.
Et Marie dans tout ça ?
Bah moi je vais me recentrer sur mon identité de personne qui publie des trucs sur internet. J’ai envie, comme toujours, de SIMPLICITÉ, de PRODUCTION, de TRUCS PAS FORCÉMENT LÉCHÉS MAIS HYPER UTILES.
Et ça va passer par plus de contenu perso bizarre sur Les Petits Papiers, plus de vidéos sur ma chaîne YouTube, et une nouvelle newsletter : le Bulletin de Marie (centrée moins sur la créativité comme ici, et plus sur la technique web).
Allez bises, et à très vite.
Note : au moment où je publie ce texte, je vois que mon projet Lulu est approuvé (je suis allez voir moi-même hein, pas d’email de notification et toujours aucune communication de leur côté) mais aucun lien pour le proposer à la vente...
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