Si je devais recommencer…
5 décisions que j'aurais prises plus tôt
J’aurais pas dû, mais j’ai cliqué sur une vidéo intitulée “si je devais recommencer sur YouTube, voilà ce que je ferais”. Je fais plus ça, mais là c’était quelqu’un que j’avais oublié que je suivais, et je voulais voir où elle en était, quel était son message maintenant, comment elle avait évolué.
Je vais pas parler de la créatrice elle-même, je veux parler du contenu de la vidéo. Parce que c’est tellement typique que ça m’a mis hors de moi.
La structure tient la route, les arguments sont appuyés par des données, la personne a clairement l’expérience pour en parler - c’est pas ça le problème. Le problème, c’est que jamais, à aucun moment de cette vidéo, la personne ne mentionne même l’idée de penser à ce qu’on veut dire avant de commencer à filmer.
En fait, la structure dont elle parle ne demande aucune réflexion, juste “faire ce qui marche chez les autres créateur.ices” et “suivre exactement cette structure”.
Et... est-ce qu’on n’a pas évolué entre temps ? En tant que culture, en tant que génération, en tant que personnes responsables ?
Le sous-message de ce type de contenu, c’est : pour réussir en ligne (ce qui est toujours présenté comme “avoir des tonnes de vues”, ce qui n’est pas vraiment la même chose, mais soit), il faut ÊTRE exactement ce type de personne, qui dit exactement ce genre de chose.
Le pire, c’est que ce message est couplé à l’idée que “les gens vont te suivre parce que c’est toi”. Mais si tu dis les mêmes choses que tout le monde, que tu fais les mêmes choses que tout le monde, que tu filmes comme tout le monde... à quoi ça sert d’avoir des yeux sur toi si tu portes un masque ?
Je suppose que ça veut dire que je dois m’attaquer au sujet “si je devais recommencer...”, et faire en sorte de le rendre vraiment utile. Ouais, c’est plus productif que de râler. Allons-y.
Si je devais recommencer à exister en ligne, je :
Suivrais ma curiosité à 450%
J’ai été tellement malheureuse à essayer de faire des choses pour “réussir” ou “gagner de l’argent”. Mes meilleures opportunités (et souvent d’ailleurs les plus lucratives) sont venues de moments où j’étais complètement moi-même, où je parlais de ce qui m’intéressait vraiment, de la manière qui m’était la plus naturelle.
Me ferais plus d’amis / participerais aux conversations / enverrais des emails aux gens que j’admire
Mon moi autiste doit admettre que même si c’est extrêmement drainant, c’est aussi la partie la plus intéressante en ligne. Donc je n’aime pas les conversations sociales, mais commenter les posts des autres, s’engager avec le contenu, envoyer des emails aux gens qu’on admire en leur disant précisément ce qu’on trouve cool chez eux... C’est ça qui compte. J’aurais aimé en prendre conscience plus tôt.
Produirais du volume / serais une créatrice prolifique et sans chichis dès le départ
Ça peut sembler contradictoire avec ce que je disais avant, mais je crois au volume. Je crois que les bonnes choses ne peuvent pas émerger si on ne nage pas dans le fond. On peut toujours supprimer après, recommencer, revenir sur ses mots et changer d’avis. C’est pas cher, faites-en plus et soyez pas précieux·ses sur l’apparence, S’IL VOUS PLAÎT. Oh, les idées que je pourrais (encore) avoir et les projets que j’aurais pu lancer si je n’avais pas été aussi perfectionniste sur ce à quoi je ressemble en vidéo, ou si tel PDF était assez professionnel.
Développerais des opinions / théories / idées
Même idée, mais j’ai mis trop longtemps à arrêter de jouer le jeu du perroquet (répéter ce que disaient des gens qui avaient du succès) pour me mettre à écrire vraiment ce que j’avais dans la tête. Et quand je me suis donné la permission, ça a été un tout autre niveau de confiance et de compétence. Et c’est aussi 100% plus vendable.
Arrêterais de faire les trucs que je ne veux pas faire
Je reviens sur le même thème, mais ça m’a pris un temps fou de me dire que je n’étais pas obligée de faire des vidéos avec mon visage si je ne voulais pas faire de vidéos avec mon visage. Tout le reste devient plus facile dès qu’on s’autorise à ne pas faire ce qu’on ne veut pas faire. (voir : Comment en faire moins et publier plus)
Je pense que c’est tout.
Je ne peux pas garantir que ça donnera des vues, de la notoriété, des mois à 10K et tout le reste. Mais je garantis une chose : il y aura des opportunités, de la fierté, et une énorme dose de PLAISIR.
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yes yes yes, 3 fois Yes !! merci pour cet article vraiment kiffant et à la sincérité assumée. Oui, les effets de mode, les tendances, les leçons des gourous nous amènent sur des chemins qui ne sont pas les nôtres.... Savoir le reconnaître sans se renier devient alors jubilatoire. Le droit à l'erreur, à l'errance est essentiel. Merci pour ce papier fort bien tourné